Construction du téléphérique de la Girose à La Grave-La Meije

Décision de justice
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Par un arrêté du 3 avril 2023, le maire de La Grave-La Meije a accordé à la société d’aménagement touristique de La Grave une autorisation d’exécution des travaux valant permis de construire, en vue de la réalisation du 3ème tronçon du téléphérique de la Grave destiné à relier le col des Ruillans à 3 211 mètres d‘altitude vers le Dôme de la Lauze à 3 559 mètres, traversant le glacier de la Girose en remplacement de l’actuel téléski de la Girose ainsi que de la reconstruction du restaurant d’altitude. Des associations de défense de l’environnement, notamment l’association Mountain Wilderness, ainsi que des particuliers ont contesté cet arrêté. Le tribunal administratif de Marseille rejette leur recours.

D’une part, le tribunal estime que le périmètre de l’étude d’impact, la description de l’état initial de l’environnement et l’examen des incidences notables du projet sur cet environnement, notamment sur la biodiversité telle le Gypaète barbu, espèce protégée susceptible de survoler le glacier de la Girose où prend appui le pylône support du téléphérique envisagé et le paysage caractéristique de la haute montagne, répondent aux exigences du code de l’environnement.

Le tribunal considère également que l’enquête publique s’est déroulée dans des conditions régulières, le commissaire enquêteur dont l’avis argumenté était favorable au projet, n’ayant pas fait preuve de partialité.  

D’autre part, estimant qu’il ne peut être reproché au porteur de projet de ne pas avoir sollicité auprès du préfet des Hautes-Alpes une dérogation à l’interdiction de la destruction d’espèces protégées, il écarte les critiques contre la mesure d’accompagnement prévue de mise en défens de l’Androsace du Dauphiné, découverte au cours de l’enquête publique, sur le glacier de la Girose, lors des travaux d’installation du pylône. En outre, la prescription spéciale assortissant l’autorisation contestée consistant à disposer des visualisateurs de câbles anti-collision le long de la ligne téléphérique alors que le site traversé n’est pas le domaine de reproduction ni de recherche de nourriture du Gypaète barbu présent dans le parc national des Ecrins, n’est pas telle qu’elle aurait des conséquences dommageables pour l'environnement.       

Enfin, le tribunal juge que, compte tenu de l’architecture des gares et des infrastructures, retenue, de leur sobriété par leur volumétrie, le choix des matériaux et coloris pour en améliorer la cohérence visuelle et permettre leur insertion paysagère, les aménagements prévus sont de nature à concilier l’occupation du sol projetée et les aménagements s’y rapportant avec l’exigence de préservation de l’environnement montagnard qui caractérise le site et ne porte manifestement pas atteinte à la qualité paysagère des lieux tenant notamment au caractère du site naturel inscrit de la Meije.   

 

> Décision n° 2304984 du 11 février 2026