Suspension des travaux du téléphérique de la Girose à La Grave-La Meije

Décision de justice
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Le préfet des Hautes-Alpes a rejeté la demande de plusieurs associations de protection de la nature visant à d’obliger la société, porteur du projet de la réalisation du 3ème tronçon du téléphérique de La grave reliant le col des Ruillans à 3 211 mètres au Dôme de La Lauze à 3 559 mètres traversant le glacier de La Girose à déposer une demande de dérogation aux interdictions de porter atteinte aux espèces protégées. Le tribunal annule la décision en tant qu’elle porte uniquement sur le gypaète barbu, espèce protégée.

Le tribunal rappelle que l’octroi d’une dérogation est nécessaire si un projet comporte un risque d’atteintes aux espèces protégées suffisamment caractérisé.

Le tribunal écarte le risque d’atteintes concernant l’androsace du Dauphiné découverte sur le site, cette espèce végétale n’étant pas protégée, tout comme l’application d’un principe de précaution.         

En revanche, il juge que les risques de collision avec les câbles du téléphérique reliant le col des Ruillans au Dôme de La Lauze de près de 1 830 mètres, culminant à une hauteur comprise entre 70 et 150 mètres, avec les gypaètes barbus, espèce protégée depuis 2005, qui survolent le glacier de La Girose, sont établis. Or, le dispositif de visualisation de ces câbles anticollision adopté par le projet ne présente pas les garanties d’effectivité permettant de diminuer les risques qui sont en conséquence suffisamment caractérisés.

En conséquence, le tribunal annule la décision et enjoint au préfet des Hautes-Alpes de mettre en demeure la société responsable du projet de déposer une demande de dérogation dans un délai de deux mois et de suspendre l’exécution des travaux en cours.  

 

Décision n° 2309057 du 26 mai 2026